

0,4 % de joueurs pathologiques en France
L’INPES a publié en septembre la toute première étude française d’envergure sur les risques liés aux jeux d’argent et de hasard. Une étude que la Française des Jeux appelait de ses vœux depuis longtemps, et qui dresse un premier bilan de l’ampleur du jeu problématique en France.
L’étude a été réalisée à l’occasion du Baromètre Santé 2010 réalisé par l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé).
Plus de 25 000 personnes ont été interrogées sur leur pratique de jeu. On apprend ainsi que 48 % des Français ont joué à un jeu d’argent au cours des douze derniers mois, et que les hommes jouent plus que les femmes (51 % contre 44 %). La plupart jouent plutôt de petites sommes : seul un joueur sur dix dépense plus de 500 euros dans l’année.
L’INPES s’est intéressé plus particulièrement au 12,2 % de la population qui joue régulièrement et/ou des sommes importantes. Ces « joueurs actifs » ont répondu à un questionnaire déjà utilisé dans d’autres études internationales : l’Indice Canadien du Jeu Excessif.
Selon les standards internationaux, l’INPES a ainsi déterminé qu’il existe en France :
- 1,3 % de joueurs excessifs, « en grande difficulté par rapport à leur pratique de jeu »
- parmi eux, seulement 0,4 % de joueurs dits « pathologiques »
Ces résultats placent la France en bonne position par rapport aux autres pays, notamment les Etats-Unis (5,5% de joueurs problématiques) et les autres pays européens.
Plus joueurs que les femmes, les hommes sont encore plus susceptibles de développer des pratiques à risque. Les 25-34 ans sont les plus touchés mais on trouve des joueurs pathologiques dans toutes les tranches d’âge. Ces joueurs sont en général faiblement ou non diplômés et en situation de précarité financière. L’étude montre aussi que ces joueurs développent souvent d’autres addictions : on compte ainsi 62,7 % de fumeurs réguliers chez les joueurs excessifs, soit deux fois plus que la moyenne nationale. Et près de la moitié d’entre eux présente une consommation d’alcool « à risque ».
L’étude de l’INPES a été réalisée avant l’ouverture des jeux en ligne à la concurrence. Le prochain Baromètre Santé permettra sans doute d’évaluer l’impact de la nouvelle législation sur nos comportements de jeu.
« Nous appelions cette étude de nos vœux depuis longtemps. Jusqu’ici, nous ne pouvions qu’estimer le nombre de joueurs problématiques en nous basant sur des études réalisées dans des pays comparables. »